Retour sur la conférence du Professeur Muhammad Yunus du 4 mars 2019 à Montpellier

Professeur Yunus - B. Breville - D.Boccardi

La Chaire Universitaire créée par la Montpellier Business School et l’Institut de Microfinance Créa-Sol recevait le lundi 4 mars 2019, le Professeur Muhammad Yunus, Economiste – Prix Nobel de la Paix pour une conférence sur le thème du Social Business , modèle économique alternatif pour la construction d’une société plus juste et plus durable.

La chaire universitaire a pour objectif de mener des activités de recherche et d’enseignement en lien avec l’inclusion sociale et économique des populations financièrement fragilisées. C’est naturellement qu’elle recevait le Professeur Muhammad Yunus dans le cadre du YY Campus Tour, organisé par le Centre Yunus Paris avec le soutien de la YY Foundation.

A cet évènement exceptionnel, de nombreux étudiants mais également des professeurs et partenaires sont venus à la rencontre de celui qu’on surnomme le « banquier des pauvres ».

Après un mot d’accueil de David Roubaud, Directeur Général Adjoint de la Montpellier Business School, le Professeur Yunus a exposé la genèse de la création de la Grameen Bank, première institution de microcrédit officiellement créée en 1976 au Bangladesh. Il explique qu’au départ il est juste un être humain qui souhaite agir pour son pays.
L’aventure devenue mondiale a débuté en 1974 dans un petit village du Bangladesh, pays d’origine de Muhammad Yunus, alors en proie à la famine et la pauvreté (Source : article de La tribune*). 

Convaincu que l’humain n’est pas un «chercheur» mais un «créateur» d’emploi, il entame un long travail afin de convaincre, tout d’abord, les femmes de créer leur propre activité en leur prêtant de l’argent de sa propre poche, sans intérêt. 

« C’est ainsi que Muhammad Yunus inventa le microcrédit, un système qui permet à des porteurs de projets peu fortunés – des femmes principalement – de bénéficier de prêts que leur refuse le système bancaire traditionnel. Il institutionnalise ce dispositif en 1983, en fondant la Grameen Bank, dite la « banque des pauvres ». Le microcrédit est aujourd’hui reconnu dans le monde entier comme un moyen efficace de lutte contre la pauvreté » (Source : article de La tribune*). 

Défiant les règles des banques traditionnelles, ce crédit est alloué à un groupe dont chacun de ses membres est solidaire des autres, pour le mettre à profit et le rembourser. 

«Nous étudions tous les projets et on n’abandonne personne. L’échec fait partie de l’entrepreneuriat . On va travailler jusqu’au succès » explique le Professeur Yunus.

Aujourd’hui, la Grameen Bank, spécialisée dans le microcrédit, affiche des taux de remboursement de l’ordre de 99%, gage de sérieux de l’organisation dans la sélection des projets. Détenue à 94% par des micro-entrepreneurs, majoritairement des femmes, sa crédibilité sociale est renforcée tout en lui donnant une indépendance certaine. La Grameen Bank est d’ailleurs « l’unique banque au monde sans avocats «  affirme t-il ? 

Pour le Professeur Yunus, le microcrédit est une solution pour changer le monde. 90% des richesses du monde sont détenus par 1% de la population. « Cela doit changer sinon cela va exploser. Sans justice sociale, pas de paix » s’exclame t-il avant de définir le concept du«Social Business», une entreprise utilisant ses profits pour produire une valeur ajoutée sociale. L’entreprise ne reverse aucun dividende, elle réinvestit ses profits dans son Social Business.

Cédric Villard, alumni 2011 de la Montpellier Business School, a présenté le Social Business mis en place chez OKAIDI à la suite de sa rencontre avec le Professeur. Brièvement, par l’intermédiaire des Grameen Distribution, les invendus de vêtement sont revendus par un réseau de femmes, les Grammeen Ladies. Les fonds récoltés permettent de financer des programmes de scolarisation. Aujourd’hui, plus de 2.000 enfants sont scolarisés. Une manière durable de créer de l’argent en aidant la population. 

Le social business est un prolongement du micro-crédit. En effet, le microcrédit ne peut, à lui seul, résoudre la pauvreté. Le Professeur élargit sa démarche en expérimentant des solutions inédites d’une nouvelle forme de capitalisme et d’un nouveau type d’entreprise qui vise à apporter des solutions à des problématiques sociales.

Dans ce sens, le Professeur Yunus multiplie les expérimentations notamment dans le cadre des Jeux Olympiques 2024 à Paris. Il mène avec le comité olympique et la Ville de Paris une réflexion, entre autres, pour le recyclage des infrastructures créées dans le cadre des JO à Paris.

Deux autres exemples d’entreprises intégrant le concept de Business Social créées par deux anciens élèves de la Montpellier Business School ont alors été présentés : les entreprises Commonthread.com par Jason Moes et Matahi par Raphaël Girardin.

Pour conclure, Anastasia Cozarenco, Docteure en Microcrédit et titulaire de la Chaire a officiellement annoncé leur «ambition de créer un Centre Yunus à Montpellier, afin de promouvoir le social business. Il existe actuellement une soixantaine de centres Yunus dans le monde, dont un en France, à Paris » (Source : article de La tribune*). 

Puis un appel à l’action a été fait auprès des étudiants venus nombreux afin de developper ce modèle économique alternatif et contribuer ainsi à la construction d’une société plus juste et plus durable.

*Article du 4 mars 2019 par Cécile Chaigneau pour la Tribune : « À Montpellier, Muhammad Yunus affirme : « Pas de justice sociale, pas de paix ! » – Lire l’article complet

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Dr. Anastasia COZARENCO – David Roubaud – Daniel Boccardi – Bruno Breville Bruno Breville – Professeur Muhammad Yunus – Daniel Boccardi
   

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